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LA CORRUPTION MENACE LA REPRISE ÉCONOMIQUE MONDIALE ET POSE DE GRAVES PROBLÈMES AUX PAYS EN CONFLIT

Issued by Transparency International Secretariat

Alors que l’économie mondiale enregistre les premiers signes d’une reprise économique, et que des nations continuent à lutter contre les conflits et l’insécurité permanents, il apparaît clairement qu'aucune région du monde n’est à l’abri des dangers de la corruption. Ce sont les conclusions de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2009 de Transparency International, publié aujourd’hui, et qui évalue la corruption affectant le secteur public d’un pays.

« En ce moment, des mesures de stimulations très importantes sont mises en œuvre partout dans le monde, parallèlement à des versements accélérés de fonds publics et des tentatives de stabiliser les différents processus de paix. Si nous voulons briser le cycle vicieux de la corruption, il est indispensable de déterminer quels sont les nœuds qui empêchent à la fois une bonne gouvernance et une obligation de rendre des comptes », déclare Huguette Labelle, Présidente de Transparency International (TI).

La grande majorité des 180 pays faisant partie de l’Indice 2009 obtiennent une note inférieure à cinq sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu). L’IPC évalue la perception du niveau de corruption affectant l’administration publique dans un pays donné. Il s’agit d’un Indice composite, fondé sur 13 enquêtes différentes menées auprès d'entreprises ou d'experts. L’édition 2009 attribue un score à 180 pays, soit autant que dans l'IPC 2008.

Les États fragiles et instables, marqués par la guerre et les conflits permanents, demeurent en bas du classement. Il s’agit de la Somalie avec un score de 1,1, l’Afghanistan avec 1,3, le Myanmar avec 1,4 et le Soudan au même niveau que l’Irak avec un score de 1,5. Ces résultats indiquent que les pays perçus comme les plus corrompus sont également ceux qui sont meurtris par des conflits de longue date, et dont l’infrastructure de gouvernance a été détruite.

Lorsque les institutions de base sont faibles ou inexistantes, la corruption se développe hors de tout contrôle tandis que le pillage des ressources publiques alimente l’insécurité et le sentiment d’impunité. A cause de la corruption, la perte de confiance fragilise les institutions et les gouvernements naissants, ceux-là mêmes qui sont chargés d'assurer la survie et la stabilité, sans que cela semble anormal.

Les pays en bas de classement ne doivent pas être mis à l’écart des efforts de développement. Au contraire, l'Indice souligne le besoin pour ces pays de renforcer leurs institutions. Les investisseurs et les bailleurs de fonds doivent conserver la même vigilance sur l'ensemble des opérations qu’ils mènent et rendre des comptes de leurs propres actions, tout comme ils exigent transparence et responsabilité de la part des pays bénéficiaires.

« La lutte contre la corruption nécessite un contrôle fort des parlements, un appareil judiciaire efficace, des organismes d'audit et de lutte contre la corruption indépendants et disposant de ressources suffisantes, une application vigoureuse de la loi, une transparence dans les budgets publics, un apport d’aides et de finances, ainsi que de la place laissée à une presse indépendante et une société civile énergique, » souligne Huguette Labelle. « La communauté internationale doit inventer des solutions efficaces pour aider les pays déchirés par la guerre à se développer et à soutenir leurs propres institutions.»

Les notes les plus élevées dans l’IPC 2009 sont attribuées à la Nouvelle-Zélande avec 9,4, au Danemark avec 9,3, à Singapour et à la Suède dont le score est identique avec 9,2 et à la Suisse avec 9,0. Ces chiffres témoignent d’une stabilité politique, d’une régulation des conflits d’intérêt mise en place depuis longtemps et d’institutions publiques solides et efficaces.

L’ensemble des résultats mis en évidence par l’Indice 2009 est très inquiétant. Ils indiquent que la corruption continue à exister là où règne l’opacité, alors que les institutions ont encore besoin de se renforcer et que les gouvernements n’ont pas mis en œuvre des cadres juridiques de lutte contre la corruption.

Même les pays industrialisés n’ont aucune raison de faire preuve de complaisance : l’utilisation de pots-de-vin et la facilitation de la corruption sont souvent le fait d’entreprises basées dans ces pays industrialisés. Et certaines compétences territoriales disposant du secret financier, qui ont un lien avec de nombreux pays en tête de classement de l’IPC, affaiblissent grandement les efforts menés pour lutter contre la corruption et recouvrir les avoirs volés.

« L’argent corrompu ne doit pas trouver de havre de paix. Désormais, nous ne devons plus nous trouver des excuses », déclare Huguette Labelle. « Le travail de l’OCDE dans ce domaine est le bienvenu, mais il faudrait proposer plus de traités bilatéraux sur les échanges d'information afin de mettre définitivement un terme au régime du secret. En même temps, les sociétés doivent cesser de travailler avec les centres financiers véreux. »

Les pots-de-vin, les cartels ainsi que les autres pratiques de corruption sapent la concurrence et provoquent une perte massive des ressources destinées au développement dans tous les pays, et particulièrement les plus pauvres. Ainsi que l’a démontré un rapport récent de TI, entre 1990 et 2005, plus de 283 cartels internationaux privés étaient connus au grand jour, entraînant pour les consommateurs du monde entier un surcoût d'environ 300 milliards de dollars.

Étant donné que la grande majorité des pays de l’Indice 2009 obtient une note inférieure à 5, le défi de la lutte contre la corruption reste incontournable. Le Groupe des 20 s’est engagé sérieusement à faire en sorte que l’intégrité et la transparence constituent la pierre angulaire d’une toute nouvelle structure de réglementation. Alors que le G20 entreprend des réformes économiques et portant sur le secteur financier, il apparait essentiel de considérer la corruption comme une menace réelle pour le devenir d'une économie durable. Par ailleurs, le G20 doit continuer à rechercher l’appui du public pour ses principales réformes, en créant des institutions telles que le Conseil de la Stabilité Financière et en prenant des décisions sur les investissements destinés aux infrastructures, qui devront être transparents et ouverts aux suggestions de la société civile.

A l’échelle mondiale et nationale, des institutions de contrôle et des cadres juridiques effectivement appliqués, associés à des réglementations plus efficaces et plus judicieuses, permettront d’atteindre des niveaux plus faibles de corruption. Ce qui au final conduira à un accroissement nécessaire de la confiance dans les institutions publiques, une croissance économique soutenue et une aide au développement plus efficace. Mais d’abord et avant tout, il permettra de réduire l'importante échelle des souffrances humaines endurées dans les pays les moins performants de l'Indice de Perception de la Corruption.

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Transparency International est la principale organisation de la société civile à la tête de la lutte contre la corruption.


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