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Europe : liaisons entreprises/gouvernements dangereuse

Un rapport couvrant 25 pays montre du doigt les contributions politiques et les activités de lobbying

Dans un rapport publié aujourd’hui, l’organisation anti-corruption Transparency International démontre que les relations étroites entre entreprises et gouvernements ont favorisé la corruption et entravé la stabilité économique en Europe.

Le rapport met en avant les lacunes en matière de gouvernance, qui ont contribué aux scandales politico-financiers ayant ébranlé presque tous les pays européens l’année dernière. Transparency International appelle les législateurs à accroître la transparence des activités de lobbying et du financement des campagnes électorales.

Le rapport, intitulé Argent, pouvoir et politique : les risques de corruption en Europe, souligne un déficit de transparence dans les prises de décisions et le financement des partis politiques. 19 pays sur les 25 examinés n’ont toujours pas réglementé les activités de lobbying et seulement 10 d’entre eux interdisent totalement les contributions politiques non déclarées.

Visitez la section spéciale de notre site, consacrée au nouveau rapport Money, Power, Politics: Corruption Risks in Europe

« En Europe, nombre d‘institutions qui caractérisent une démocratie et permettent à un pays de combattre la corruption sont plus faibles que ce que l’on croit. Ce rapport soulève des questions préoccupantes à un moment où l’Europe a besoin d’une culture politique de transparence pour sortir de la crise économique », déclare Cobus de Swardt, directeur exécutif de Transparency International.

Trois quarts des Européens considèrent que la corruption est un problème croissant dans leur pays, selon plusieurs enquêtes de l’Union européenne. Des procès retentissants pour faits de corruption se sont tenus l’an dernier en France et en Italie. Des scandales de corruption politique ont éclaté concernant les dépenses des parlementaires (Royaume-Uni), les fraudes sur les retraites (Norvège), le clientélisme (République Tchèque, Roumanie) et les conflits d’intérêt (Bulgarie, Finlande, Slovénie).

Le rapport publié aujourd’hui constitue la première étude exhaustive sur la capacité des pays européens à combattre la corruption. Au total, plus de 300 institutions nationales ont été examinées au sein de 25 pays.

Les partis politiques, les entreprises et la fonction publique sont les institutions les moins performantes en matière de la lutte contre les pots-de-vin et les mauvais agissements, tandis que les cours des comptes, les médiateurs et les organes chargés de l’organisation des élections sont les meilleures. Le rapport relève par ailleurs que l’Europe bénéficie de systèmes juridiques solides et bien développés.

Trop de gouvernements ne rendent pas suffisamment compte de leurs agissements en matière de finances publiques et de contrats publics, ces derniers représentant 1.800 milliards d’euros chaque année dans l’UE. Pire encore, deux pays seulement protègent efficacement les lanceurs d’alerte contre les mesures de représailles lorsqu’ils dénoncent de possibles délits ou d’autres conduites malhonnêtes.

Dotés d’organes de contrôle et de systèmes judiciaires solides, de commissaires aux comptes efficaces et d’organismes chargés d’assurer le respect de la loi performants, le Danemark, la Norvège et la Suède sont les pays les mieux protégés contre la corruption. Cependant, même au sein de ces pays, des problèmes demeurent, en particulier dans le domaine du financement politique.

Parmi les autres risques de corruption en Europe :

  • 12 pays ne prévoient pas de plafonnement pour les contributions politiques individuelles ;
  • 17 pays ne disposent pas d’un code de conduite pour les parlementaires, tandis que dans 11 d’entre eux, la déclaration publique des biens et des intérêts est limitée ;
  • dans 20 pays, les personnes souhaitant accéder à des informations publiques se heurtent à des obstacles.

Pour Transparency International, « les gouvernements européens doivent remédier à ces lacunes ».

Transparency International appelle également l’UE à montrer l’exemple en adoptant des règles fermes au sein de ses propres institutions.

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Transparency International est la principale organisation de la société civile qui se consacre à la lutte contre la corruption.

Note aux rédacteurs :

Les rapports nationaux, les photos et les citations de la conférence de presse sont disponibles à l’adresse suivante : http://www.transparency.org/news/feature/enis

Les risques de corruption en Europe rassemble les évaluations des Systèmes nationaux d’intégrité (l’efficacité des institutions et les lacunes favorisant la corruption) de 25 pays européens, menées en 2011 en Allemagne, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Norvège, Pays-Bas Pologne, Portugal, République Tchèque Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède et Suisse. Ce rapport fait partie d’une initiative anticorruption paneuropéenne soutenue par le service des affaires intérieures de la Commission européenne.


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Berlin : Thomas Coombes
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