Lutte contre la corruption foncière en Afrique: Recommandations fondées sur la stratégie de gouvernance foncière de l'Union africaine
Avec sa superficie de 30,4 millions de kilomètres carrés, l'Afrique est le deuxième plus grand continent de la planète, assez grand pour accueillir les États-Unis, l'Inde, le Mexique, le Japon et plusieurs pays européens. Les 55 pays du continent accueillent une population de près de 1,5 milliard d'habitants, qui connaît la croissance la plus rapide au monde. On estime que d’ici à 2050, « une personne sur quatre sur la planète sera africaine ». L'Afrique s'enorgueillit de posséder « 24 % des terres agricoles du monde et 17 % des terres arables », mais elle est aussi, paradoxalement, le continent où la faim fait le plus de ravages. Elle est également « en première ligne de la crise de l'accaparement des terres dans les pays du Sud » à des fins agricoles, ainsi que des nouveaux « accaparements verts » par lesquels les gouvernements et les grandes entreprises acquièrent de vastes étendues de terres pour « planter des arbres de façon contestable, séquestrer le carbone et mettre en place des programmes de biocarburants et d'hydrogène vert ». Ces scénarios mettent en évidence une réalité importante : la place centrale qu'occupent les terres africaines dans le programme de développement général du continent.
Ces processus se déroulent dans un contexte où la gouvernance foncière du continent est « de plus en plus considérée comme un défi majeur ». La faiblesse des institutions de gouvernance, « renforcée par des niveaux élevés de corruption », est au cœur des problèmes de gouvernance foncière en Afrique, au même titre que d’autres problèmes comme l'accaparement des terres ou le mépris des droits humains.
Ce document politique dresse le bilan de la gouvernance foncière en Afrique en mettant l'accent sur les efforts déployés par l'Union africaine (UA) pour lutter contre la corruption foncière. L'UA est le principal organe intergouvernemental sur le continent grâce à ses diverses initiatives régionales, la dernière en date étant la stratégie de gouvernance foncière de l'UA pour 2023.