Les conflits d’intérêts exposés par les #WestAfricaLeaks soulignent le besoin de mettre un frein aux sociétés anonymes

Issued by Transparency International Secretariat



Les articles publiés dans le cadre des  #WestAfricaLeaks du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et de la Cellule Norbert Zongo pour le Journalisme d’Investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO) montrent combien il est facile pour les fonctionnaires corrompus, blanchisseurs d’argent et autres délinquants d’Afrique de l’Ouest de se dissimuler derrière des entreprises anonymes pour accéder au système financier mondial.

L’une des récentes enquêtes #WestAfricaLeaks, qui s’appuie sur les informations contenues dans les Panama Papers, révèle une affaire de conflit d’intérêts impliquant un haut fonctionnaire de Côte d’Ivoire qui détient une société offshore secrète aux Bahamas. Selon CENOZO, Akossi Bendjo, une figure éminente de la sphère politique et du milieu des affaires en Côte d’Ivoire, est aussi le bénéficiaire effectif d’une entreprise qui travaille avec le gouvernement.

Une autre enquête #WestAfricaLeaks menée au Ghana met en lumière un cas similaire de conflit d’intérêts et d’abus de confiance. Les dossiers d’Appleby, le cabinet d’avocats au cœur de la fuite des Paradise Papers en 2017, ont ainsi montré qu’un célèbre médecin ghanéen occultait ses activités commerciales derrière une structure complexe de sociétés offshore alors qu’il était ambassadeur aux États-Unis. Un tel agissement est contraire à la Convention de Vienne qui interdit aux diplomates en poste d’exercer des activités commerciales en vue d’un gain personnel.

Jessica Ebrard, coordinatrice des projets de lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest à Transparency International, a déclaré : « Ces révélations montrent que les personnes haut placées ont de nombreuses possibilités de commettre des abus de pouvoir tout en cachant leurs actions aux autorités. Les centres financiers et les autorités ouest-africaines doivent adopter des mesures plus efficaces de lutte contre la corruption et, plus particulièrement, assurer une transparence totale des bénéficiaires effectifs des entités commerciales. »

Max Heywood, coordinateur de la mobilisation et du plaidoyer à Transparency International, a indiqué : « Nous ne cessons de mettre au jour des conflits d’intérêts et des stratagèmes de corruption rendus possibles par le recours aux sociétés anonymes. Malgré les engagements pris par les États pour combattre ce problème, le passage à l’action et les mesures concrètes continuent de faire défaut. Pendant ce temps, les personnes corrompues continuent leurs agissements et les citoyens en paient le prix. »

Transparency International exhorte les gouvernements d’Afrique de l’Ouest à honorer les engagements pris dans le cadre du Groupe d’action financière (GAFI) en établissant des registres publics des bénéficiaires effectifs afin de lever le voile du secret qui permet aux fonctionnaires corrompus d’éviter les contrôles et de camoufler leurs conflits d’intérêts. Ces registres doivent être accessibles au public.


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