En Europe et en Asie centrale, les gouvernements luttent mal contre la corruption

Un nouveau rapport de Transparency International montre que les populations craignent de dénoncer la corruption

Issued by Transparency International Secretariat



D’après un rapport de Transparency International paru aujourd’hui, un tiers des habitants d’Europe et d’Asie centrale considèrent que la corruption fait partie des principaux problèmes de leur pays. En Moldavie, en Espagne et au Kosovo, cette proportion s’élève aux deux tiers de la population, ce qui démontre la nécessité de prendre des mesures urgentes contre les abus de pouvoir et les ententes secrètes.

Dans cette région, près d’un tiers des citoyens  considèrent que les fonctionnaires et législateurs de leur pays sont fortement corrompus et la majorité d’entre eux indiquent que leur gouvernement ne lutte pas suffisamment contre la corruption.

Plus de la moitié des citoyens des pays de l’Union européenne (UE) (53 %), des pays candidats à l’adhésion à l’UE (53 %) et de la Communauté d’États indépendants (CEI — composée principalement d’anciens pays de l’Union soviétique) (56 %) déclarent que leur gouvernement n’a pas réussi à enrayer la corruption. D’après le rapport, les gouvernements d’Ukraine (86 %), de Moldavie (84 %), de Bosnie-Herzégovine (82 %) et d’Espagne (80 %) sont particulièrement considérés comme inefficaces par leurs citoyens.

Pour préparer son nouveau rapport intitulé People and Corruption: Europe and Central Asia, (La corruption vue par les citoyens en Europe et en Asie centrale), qui fait partie intégrante du Baromètre mondial de la corruption 2016, Transparency International a interrogé près de 60 000 citoyens de 42 pays d’Europe et d’Asie centrale sur leur expérience quotidienne en rapport avec la corruption

En moyenne, un ménage sur six a dû verser un pot-de-vin pour obtenir un service public. Bien que ce chiffre soit moins élevé dans de nombreux États membres de l’UE, la proportion augmente considérablement dans l’est de la région, tout particulièrement au Tadjikistan (50 %), en Moldavie (42 %), au Kirghizistan (38 %), en Ukraine (38 %) et en Russie (34 %). Au sein de l’UE, c’est la Roumanie qui présente le plus mauvais score (29 %), suivie de la Lituanie (24 %).

Dans les pays les plus riches, près de deux tiers de la population (65 %) estiment que les nantis pèsent trop lourdement sur les décisions politiques,  par rapport à 44 % dans les pays candidats à l’adhésion à l’UE et 46 % dans les pays de la CEI.

En Espagne, 88 % des personnes interrogées indiquent que les personnes riches exercent un abus d'influence sur les décisions prises par les pouvoirs publics, une opinion que partagent 85 % des sondés au Portugal, 79 % en France, 79 % en Allemagne et 77 % au Royaume-Uni.

« La corruption est un problème majeur dans l’ensemble de l’Europe et de l’Asie centrale. Dans les pays de l’UE, de nombreux citoyens constatent comment les nantis et les responsables politiques détournent le système à leur avantage. Si les gouvernements négligent de lutter contre la corruption, c’est tout simplement parce que les individus en haut de l’échelle tirent profit de la situation. Pour mettre un terme à cette relation troublante entre richesse, pouvoir et corruption, les gouvernements doivent exiger plus de transparence, notamment en publiant des registres de propriété effective établissant clairement qui possède et contrôle réellement les entreprises », a déclaré José Ugaz, le président de Transparency International.

« Il est difficile de faire chuter les élites et oligarques corrompus du haut de la pyramide du pouvoir. L’histoire nous montre cependant que c’est possible, lorsque les peuples s’unissent pour exhorter leurs dirigeants à imposer des normes plus strictes et lorsque le pouvoir judiciaire peut agir de façon indépendante pour les obliger à rendre des comptes », a-t-il ajouté.

Cela étant, l’absence de mesures de protection pour les lanceurs d’alerte constitue l’un des principaux obstacles en matière de lutte contre la corruption. En Europe et en Asie centrale, 30 % des sondés indiquent que la crainte des conséquences est la première raison pour laquelle la corruption n’est pas davantage dénoncée. Deux lanceurs d’alerte sur cinq font l’objet de représailles.

Faire entendre sa voix est aussi parfois mal vu. Dans les pays de la CEI particulièrement, seul un quart de la population (27 %) considère qu’il est de bon ton de dénoncer la corruption.

Peu de citoyens se sentent  habilitéspour lutter contre la corruption dans leur pays : moins de la moitié de la population de l’UE (47 %) a le sentiment de pouvoir modifier le cours des choses, et cette proportion passe à moins d’un tiers (31 %) dans les pays de la CEI.

Transparency International formule quatre principales recommandations pour réduire la corruption politique et aider les populations à s’exprimer sans craindre de représailles. Selon l’organisation, les gouvernements d’Europe et d’Asie centrale doivent :

Note aux rédacteurs : Pour voir le rapport dans son intégralité, cliquez ici. Pour télécharger la carte des taux de corruption en Europe et en Asie centrale, cliquez ici. Pour consulter les précédents rapports sur l’Afrique et le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, cliquez respectivement ici et ici. Les rapports sur l’Amérique et l’Asie-Pacifique seront publiés dans le courant de l’année 2017.

Sauf indication contraire, tous les chiffres proviennent du Baromètre mondial de la corruption 2016 de Transparency International. Deux cabinets d’étude ont organisé l’application du module de questions du Baromètre mondial de la corruption 2016 dans la région Europe et Asie centrale. Les entretiens en face à face auprès des ménages ont été réalisés par TNS Opinion. Les entretiens téléphoniques ont été menés par Efficience3. Au total, 58 238 adultes ont été interrogés entre novembre 2015 et juillet 2016. Les données sont pondérées et représentatives de l’ensemble des adultes (âgés de plus de 18 ans).


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