70% des gouvernements n’arrivent pas à se protéger de la corruption dans le secteur de la défense

Le nouvel index montre également que la moitié des pays étudiés ne publie pas ou donne très peu d’informations sur le budget de la défense

Issued by Transparency International UK



Soixante-dix pour cent des pays laissent la porte ouverte à l’insécurité nationale car ils manquent d’outils leur permettant d’empêcher la corruption du secteur de la défense, comme l’indique le premier index de Transparency International UK, Programme de Défense et Sécurité, évaluant les mesures prises par les gouvernements afin de prévenir et de contrer la corruption dans la défense. Plus de deux-tiers des plus grands importateurs ainsi que la moitié des plus grands exportateurs d’armes du monde sont concernés par ce problème.

Selon l’index, l’Allemagne et l’Australie sont les seuls pays ayant instauré des mesures anti-corruption fortes comme la surveillance assidue de la politique de défense par le parlement. Neuf pays – l’Algérie, l’Angola, le Cameroun, la RDC, l’Égypte, l’Érythrée, la Lybie, la Syrie et le Yémen – présentent des risques critiques, à cause de l’absence de mécanismes de base comme la mise en examen rendant l’institutionnalisation des mesures anti-corruption dans ce secteur quasi impossible. D’un autre côté, l’Amérique du Sud et l’Europe de l’Est ont un risque de corruption moindre grâce aux mécanismes de contrôle dans des zones comme l’administration des audits.

L’Index Programme de Défense et Sécurité a étudié les méthodes mises en place par 82 pays afin de réduire les risques de corruption. Ces pays représentent 94 pour cent des dépenses mondiales militaires de 2011, un équivalent de 1.6 trillion USD. Les pays sont classés dans des groupes allant du taux de risque le plus bas (A) au taux le plus élevé (F) correspondant à des évaluations détaillées couvrant 77 indicateurs répartis sur cinq zones à risque du secteur : politique, financier, de personnel, opérationnel et d’approvisionnement.

« La corruption de la défense est dangereuse, crée des désaccords et du gaspillage ; ce sont les citoyens, les soldats, les entreprises et les gouvernements qui en paient le prix. Mais la grande majorité des gouvernements ne prennent pas assez de mesures pour la contrer, lui permettant ainsi de la cacher de nombreuses manières aux yeux du public et de dilapider de l’argent qui pourrait être mieux utilisé, » explique Mark Pyman, Directeur du Programme de Défense et Sécurité de Transparency International UK.

Transparency International demande aux gouvernements de rendre ce secteur, traditionnellement mystérieux et impliquant de nombreux contrats publics, plus ouvert et transparent. Les administrateurs de la défense devraient permettre aux citoyens d’accéder aux informations concernant le budget et l’approvisionnement. Les législateurs devraient pouvoir surveiller de manière plus efficace ce secteur ce qui leurs permettrait de réduire les risques de corruption.

S’appuyant sur les données de la Banque Mondiale et de l’Institut International de Recherche sur la Paix de Stockholm (SIPRI), Transparency International estime que le coût mondial de la corruption dans le secteur de la défense est d’au moins 20 milliards d’USD par an. Cela équivaut aux sommes promises au G8 de 2009 pour la lutte contre la faim dans le monde.

Les politiques exercent peu de surveillance. Les citoyens sont maintenus dans l’ignorance.

L’Index nous indique que seulement 15 pour cent des gouvernements évalués réalisent une surveillance politique fiable, complète et efficace des mesures prises par la défense.  Dans 45 pour cent des pays, il y a peu de surveillance, voire aucune, de la défense tandis que la moitié des nations ont instauré des mécanismes officiels minimum concernant l’analyse de la politique de défense.

L’étude montre également qu’il est fréquemment refusé aux citoyens l’accès aux informations de base au sujet du secteur de la défense. La moitié de ces pays constate un manque de transparence quant au budget de la défense ou limite grandement les informations disponibles à ce sujet. Dans 70% des pays, les citoyens n’ont droit à aucune information sur le budget dépensé par leur gouvernement concernant les opérations secrètes.

Si l’on croit Dr. Oliver Cover, principal auteur de cette étude, « cet index montre irréfutablement qu’il y a d’énormes risques de corruption dans ce secteur. Il est choquant que certaines zones soient si peu comprises, par exemple les situations de conflits, où la corruption s’enracine facilement. Notre index vous aidera à comprendre et à aborder ces risques.  Les gouvernements devraient nettoyer ces secteurs, notre index leur offre des solutions pratiques afin d’obtenir la transparence. Faire cela sauvera la vie des soldats et des citoyens et évitera aux gouvernements de dépenser des milliards de dollars. »

Notes aux rédacteurs en chef

  1. Cet index est annexé à l’Index Anti-corruption des Entreprises de la Défense, publié le 4 Octobre 2012, qui évalue la capacité de réaction de 129 entreprises de la Défense aux risques de corruption.
  2. Visitez http://government.defenceindex.org afin de consulter une analyse détaillée, des résultats des 82 pays ayant participé à cette étude.
  3. Le Programme de Défense et Sécurité de Transparency International UK  aide à établir l’intégrité et à réduire la corruption des dispositifs de défense et la sécurité dans le monde en appuyant les nations instaurant des réformes anti-corruption, améliorant l’intégrité du commerce d’armes et en influençant les mesures de la défense et la sécurité. Afin d’y parvenir, le programme travaille avec les gouvernements, les entreprises de la défense, des organisations multilatérales et la société civile. Le programme est mené par Transparency International UK (TI-UK) au nom du mouvement TI. Pour de plus amples informations sur  ce programme veuillez visiter www.ti-defence.org.

 

ANNEXE 1: RÉSULTATS

Cet Index regroupe les pays selon leur niveau de risque de corruption. Le risque de corruption est déterminé par le danger, son étendue et la fréquence à laquelle les citoyens doivent y faire face.

GROUPE A – Très Peu de Risque (2 PAYS): Australie, Allemagne

GROUPE B – Peu de Risque (7 PAYS): Autriche, Norvège, Corée du Sud, Suède, Taiwan, Royaume-Uni, États-Unis

GROUPE C – Risque Modéré (16 PAYS): Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Colombie, Croatie, République Tchèque, France, Grèce, Hongrie, Italie, Japon, Lettonie, Pologne, Slovaquie, Espagne

GROUPE D+ - Risque Élevé (15 PAYS): Bosnie-Herzégovine, Chypre, Inde, Israël, Kenya, Koweït, Lebanon, Mexique, Népal, Serbie, Singapore, Afrique du Sud, Thaïlande, Ukraine, E.A.U.

GROUPE D- - Risque Élevé (15 PAYS) Bangladesh, Biélorussie, Chine, Ethiopie, Géorgie, Ghana, Jordanie, Kazakhstan, Malaisie, Pakistan, Palestine, Russie, Rwanda, Tanzanie, Turquie

GROUPE E –  Risque Très Élevé (18 PAYS): Afghanistan, Bahreïn, Côte d'Ivoire, Indonésie, Iran, Iraq, Maroc, Nigeria, Oman, Philippines, Qatar, Arabie saoudite, Sri Lanka, Tunisie, Ouganda, Ouzbékistan, Venezuela, Zimbabwe

GROUPE F – Risque Critique (9 PAYS): Algérie, Angola, Cameroun, RDC, Égypte, Erythrée, Libye, Syrie, Yémen


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