Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA)
La région MENA couvre un vaste territoire allant du Maroc en Afrique du Nord-Ouest jusqu’à l'Iran en Asie du sud-ouest, et abrite plus de 300 millions d'habitants.
| Algérie | Irak | Libye | Qatar | Émirats arabes unis |
| Bahreïn | Jordanie | Maroc | Arabie Saoudite |
|
| Egypte | Koweït | Oman | Syrie | Yémen |
| Iran | Liban | Palestine | Tunisie |
Les défis posés par la corruption
La corruption est répandue et généralisée dans les pays de la région MENA, se manifestant à la fois sous la forme de grande et de petite corruption. Ici, la corruption est fortement marquée par le style unique de gouvernance caractéristique de cette région. La corruption est profondément ancrée dans la structure politique de l'Etat (essentiellement des dictatures militaires, des monarchies ou des régimes totalitaires) ainsi que dans la structure institutionnelle du secteur public (généralement très grand, en sureffectif et faiblement rémunérateur), et se développe en raison des possibilités relativement limitées de participation du public. Parmi les autres facteurs favorisant la propagation de la corruption et limitant la transparence dans la région, on peut citer l'insécurité régionale et/ou nationale, la présence de conflits ou encore la grande dépendance à l'égard des recettes pétrolières.
Tous les pays présentent des faiblesses en termes de responsabilité et d'accès aux droits civils et politiques, et la participation politique est moins avancée dans le monde arabe que dans d'autres régions en développement. Pas un seul pays de la région ne figure dans la moitié supérieure par rapport à l’ensemble des pays du monde en termes de responsabilité publique, telle que mesurée par l'accès à l'information ou par la propension des dirigeants à être responsables de leurs actes.
L’Indice de Perception de la Corruption de Transparency International (IPC) a systématiquement classé les pays de la région MENA sous la moyenne mondiale, avec un certain degré de variation selon les pays. Par ailleurs, les pays de la région MENA présentent des scores systématiquement plus faibles que les autres pays à niveau de revenus similaire. Manifestement, il est nécessaire d’y lutter contre la corruption. Une vue d'ensemble des scores de l'IPC 2008 pour les pays de la région MENA sont disponibles ici[FL1] .
Lutter contre la corruption
La lutte contre la corruption dans la région MENA impose de s'attaquer aux causes profondes du problème. Afin d’obtenir un réel impact, les efforts doivent impliquer nombreux secteurs de la société et inclure des initiatives du public (telles que des réformes et conventions contre la corruption), des parlements, de la société civile et du secteur privé.
Les conventions de lutte contre la corruption peuvent également être un instrument politique utile pour promouvoir les réformes dans ce domaine. La Convention des Nations Unies Contre la Corruption (CNUCC) est la seule convention internationale applicable à cette région. Bien que la convention ait été signée par tous les pays de la région (et ratifiée par de nombreux, y compris l'Algérie, l’Egypte, la Jordanie, le Yémen, le Maroc et le Liban), la mise en œuvre reste un défi majeur pour le présent et le futur.
Dans de nombreux pays de la région MENA, les efforts du public dans la lutte contre la corruption ont abouti à la création d'organismes, l'adoption ou la révision de la législation et, dans certains cas, à des procès pour corruption retentissants. Des mesures de lutte contre la corruption ont également été intégrées dans des réformes clés de la gouvernance, notamment administratives et relatives à la fonction publique.
Les initiatives parlementaires de lutte contre la corruption font face à certains défis spécifiques à la région MENA résultant aussi bien de la faiblesse des moyens d’expression et des mécanismes de responsabilité que du contexte social et politique de la région. L’organisation des parlementaires de la région arabe contre la Corruption (ARPAC) est une initiative qui vise à promouvoir la ratification et la mise en œuvre de la CNUCC par les gouvernements des pays arabes.
Des organisations de la société civile de lutte contre la corruption ont fait leur apparition dans la région MENA au cours des deux dernières décennies. Toutefois, elles continuent à faire face à de nombreuses difficultés sous la forme de procédures d'enregistrement complexes, d'interdiction d'exercer des activités politiques ou d’une liberté de presse fortement limitée, mais aussi de contraintes culturelles. En raison de ces difficultés, seul un petit nombre d'organisations – dont principalement, mais pas exclusivement, celles liées au réseau de TI - sont en mesure de traiter les questions liées à la corruption.
Le travail de Transparency International dans la région MENA
Malgré des conditions sociopolitiques difficiles, le réseau de TI dans la région MENA s’est élargi pour englober de nombreux contacts ainsi que quelques Sections Nationales à part entière, lesquelles mettent en œuvre un large éventail de programmes visant principalement à accroître l'éducation et la sensibilisation à la corruption.
Transparency Maroc, TI-Liban et TI-Palestine (AMAN - La coalition pour l'intégrité et la responsabilité) possèdent le statut de Section Nationale et mettent en oeuvre de multiples programmes, tandis que de très actives Sections en cours de formation se développent actuellement au Bahreïn et au Koweït.
Les programmes mis en œuvre par les Sections Nationales de TI dans la région MENA comprennent la Promotion de la Transparence et le Renforcement de l'Intégrité dans la Région Arabe, un projet régional de trois ans visant à mener des recherches et développer des activités de plaidoyer contre la corruption et des outils de mesure, de surveillance et de déclaration sur les efforts de lutte contre la corruption menés dans la région MENA. L’augmentation de la réactivité et la responsabilité du gouvernement à travers le renforcement des capacités de la société civile et la participation des citoyens dans la lutte contre la corruption est l'objectif d'un autre programme de TI, le TIM ALAC, visant à implanter des Centres d’Assistance Juridique et d’Action Citoyenne (CAJAC) pour aider les citoyens à mener à terme leurs plaintes liées à des cas de corruption.
Face à la résistance gouvernementale, TI a adopté une approche visant à établir une coalition de représentants de divers secteurs unis par une lutte commune contre la corruption comme moyen de renforcer la démocratie et d’augmenter la participation au processus politique.
Informations supplémentaires
Overview of Corruption in MENA Countries (Réponse d’Expert U4 par Marie Chêne)
Civil Society Anti-Corruption Initiatives in MENA Countries (Réponse d’Expert U4 par Marie Chêne)
Country Profiles - MENA (Portail de la lutte contre la corruption dans le monde des affaires)
Une base de données réunissant toutes les Réponses d’Experts U4 concernant la lutte contre la corruption dans la région MENA et dans d’autres pays est disponible ici.
[FL1]Update all links
home
print this page