Transparency International publie son Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2006
L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2006 publié aujourd’hui par Transparency International (TI) confirme la forte corrélation existant entre les niveaux de corruption et de pauvreté. Comme lors des années précédentes, les pays à faibles revenus demeurent les plus mal classés. Le classement et la note de la France demeurent stables par rapport aux résultats de l’édition précédente (classement :18ème rang en 2005 et 2006 - note : 7.4 en 2006 contre 7.5 en 2005).
L’IPC 2006 est un indice composite établi à partir de plusieurs sondages d’opinion d’experts se prononçant sur leurs perceptions du niveau de la corruption dans les secteurs publics de 163 pays. Il classe les pays sur une échelle de zéro à dix, zéro indiquant la perception d’un niveau de corruption élevée et dix la perception d’un niveau de corruption faible.
Principaux résultats
Les résultats de l’IPC 2006 mettent en évidence la forte corrélation entre corruption et pauvreté. Près de trois quarts des pays figurant dans le classement de l’IPC ont obtenu une note inférieure à cinq. On ne trouve dans cette catégorie que des pays à revenus faibles. Y figurent également tous les États africains analysés dans l’indice à l’exception de deux. Cela indique que la corruption est perçue comme élevée dans la plupart des pays du monde. Elle peut être considérée comme endémique dans les soixante et onze pays - presque la moitié des pays classés – présentant une note inférieure à trois. Haïti obtient la note la plus faible avec 1,8 sur 10. La Guinée, l'Irak et le Myanmar partagent l’avant-dernière place avec une note de 1,9 sur 10. La Finlande, l'Islande et la Nouvelle-Zélande partagent la note la plus élevée (9,6 sur 10).
Selon Huguette Labelle, présidente de TI, « malgré une décennie de progrès en matière de législations et de régulations anti-corruption, les résultats d’aujourd’hui montrent qu’il reste beaucoup à faire avant de pouvoir observer de réelles améliorations dans le quotidien des populations les plus défavorisées ».
Les pays pour lesquels la corruption est ressentie en croissance notable sont le Brésil, Cuba, Israël, la Jordanie, le Laos, les Seychelles, Trinité-et-Tobago, la Tunisie et les Etats-Unis. La corruption est au contraire perçue en recul pour l'Algérie, la République tchèque, l'Inde, le Japon, la Lettonie, le Liban, l’île Maurice, le Paraguay, la Slovénie, la Turquie, le Turkménistan et l'Uruguay.
Note et classement de la France
L’IPC 2006 confirme la stabilité du classement (18ème rang mondial, 12ème rang européen) et de la note (7.4 sur 10) de la France.
Selon Daniel Lebègue président de Transparence-International (France), la section française de TI, « Les efforts réels de la France pour mettre en œuvre ses engagements internationaux en matière de lutte contre la corruption et le blanchiment restent en partie occultés par l’ombre portée des affaires ».
« Ce résultat est décevant si on le met en rapport avec l’attitude pro-active de notre pays dans l’application des conventions internationales destinées à lutter contre la corruption et le blanchiment de l’argent sale », poursuit-il. Il ressort des rapports d’évaluation de l’OCDE que la France est le pays qui a mis en œuvre le plus complètement les dispositions de la Convention de 1997 relative à la corruption d’agents publics étrangers. Notre pays a été également le premier des États membres du G8 à ratifier la Convention des Nations Unies contre la corruption et l’un des plus diligents à mettre en œuvre les conventions civile et pénale d Conseil de l’Europe ainsi que les recommandations de l’Union Européenne sur le même sujet.
Cette image très médiocre de la France en termes de transparence et d’intégrité, tant auprès de l’opinion publique française (Cf. enquête récemment publiée par le CEVIPOF), que des décideurs et analystes étrangers, traduit sans doute l’ombre portée des scandales et des affaires qui se sont enchaînées depuis une vingtaine d’années et dont certains font encore l’actualité des tribunaux et des médias (marchés publics d’Ile-de-France, emplois fictifs de la ville de Paris, programme pétrole contre nourriture en Irak, affaire Falcone, etc.).
Selon Daniel Lebègue, « La construction d’une réputation est une œuvre de longue haleine qui requiert de la constance et de la détermination de la part de l’ensemble des acteurs, publics et privés. C’est à cette entreprise de long terme que TI France appelle nos responsables, à la veille d’échéances politiques importantes pour notre pays. Notre association interpellera dans les semaines à venir les candidats à l’élection présidentielle sur leurs engagements et leurs projets concrets pour faire reculer la corruption. »
Le détail des résultats et de la méthodologie de l’IPC 2006 sont consultables sur :
www.transparency.org/ /surveys/#cpi ou www.icgg.org
Media contact(s):Paris
Julien Coll
+33 (0)1 47 58 82 08
+33 (0)1 47 58 82 08
julien.coll@transparence-france.org
home
print this page