Les entreprises des géants émergents, Chine et Russie, sont les plus susceptibles de verser des pots-de-vin à l’étranger

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Soudoyer des fonctionnaires en faisant des affaires à l’étranger est une pratique courante, selon une enquête réalisée sur 3 000 chefs d’entreprises de pays développés ou en développement.

L’indice sur la Corruption des Pays Exportateurs 2011 de Transparency International, publiée aujourd’hui, classe 28 des plus grandes puissances économiques du monde en fonction de la probabilité perçue de leurs entreprises à verser des pots-de-vin à l’étranger. Les entreprises russes et chinoises, qui ont investi 120 milliards de dollars US hors de leurs frontières en 2010, sont perçues comme les plus susceptibles de verser des pots-de-vin à l’étranger. Les entreprises suisses et néerlandaises sont considérées comme les moins susceptibles de verser des pots-de-vin (voir annexe).

Aborder la question de la corruption transnationale est une priorité pour la communauté internationale. Il y a un an, le G20 s’est engagé à lutter contre la corruption transnationale en lançant un plan d’action anti-corruption. Le rapport d’étape du groupe de travail en charge du suivi du plan d’action, que les dirigeants du G20 devraient approuver demain au sommet de Cannes, reconnaît les progrès réalisés par la Chine, la Russie, l’Indonésie et l’Inde pour criminaliser la corruption transnationale. Transparency International accueille favorablement ce rapport et appelle à la mise en œuvre rapide des mesures anti-corruption qu’il préconise.

«Les gouvernements du G20 qui se réunit à Cannes cette semaine, doivent faire de la corruption transnationale un chantier urgent et prioritaire. La nouvelle législation dans les pays du G20 est l’opportunité de garantir une économie mondiale plus juste et plus ouverte, qui crée les conditions d’une reprise durable et de la stabilité de la croissance future. Les gouvernements peuvent renforcer les progrès réalisés en allouant des ressources aux enquêtes et poursuites judiciaires de la corruption transnationale, pour qu’il existe un réel effet dissuasif contre les comportements illégaux ou contraires à l’éthique », déclare Huguette Labelle, Présidente de Transparency International.

L’impact de la corruption transnationale

Au cours de l’enquête, des dirigeants de sociétés internationales ont signalé la pratique généralisée de versements de pots-de-vin par les entreprises à des fonctionnaires, de manière à remporter des appels d’offres, se soustraire à la réglementation, accélérer les procédures gouvernementales ou influencer l’élaboration des politiques publiques.

Cependant, les entreprises ont une tendance presque comparable à verser des pots-de-vin à d’autres entreprises, selon la présente étude, qui s’intéresse pour la première fois à la corruption entre sociétés privées. Ces résultats suggèrent que la corruption est non seulement une préoccupation pour le secteur public, mais également pour le secteur privé, comportant des risques financiers et réputationnels majeurs pour les sociétés impliquées.

« Il est clair que les pots-de-vin demeurent une pratique routinière pour de trop nombreuses sociétés et interviennent dans leur relations commerciales, pas seulement avec les fonctionnaires. De plus, les sociétés qui ne parviennent pas à empêcher les pots-de-vin dans leur chaîne d’approvisionnement courent le risque d’être poursuivies pour des actions imputables à leurs employés ou leurs partenaires commerciaux », déclare Huguette Labelle.

L’indice de Corruption des Pays Exportateurs étudie la propension des entreprises, dans 19 secteurs spécifiques, à se livrer à des actes de corruption et à exercer une influence excessive sur les gouvernements :

  • Les entreprises du bâtiment et de travaux publics obtiennent les plus mauvais résultats de l’enquête. Il s’agit d’un secteur où le contournement des règles et l’exécution insuffisante peuvent avoir des effets désastreux sur la sécurité publique.
  • L’industrie gazière et pétrolière est également un secteur perçu comme particulièrement propice au versement de pots-de-vin. L’industrie extractive est depuis longtemps sujette au risque de corruption. Des sociétés opérant au Nigeria, qui dispose de forte réserves pétrolières, ont déjà été condamnées à verser des amendes de plus de 3,2 milliards de dollars US en 2010-2011 pour avoir soudoyé des fonctionnaires.

Note aux éditeurs : l’Indice de Perception de la Corruption, qui classe les pays selon leur niveau de corruption perçue dans le secteur public, sera publié le 1er décembre 2011.

Transparency International est la principale organisation de la société civile engagée dans la lutte contre la corruption

Press contact(s):

Thomas Coombes, Senior Communications Officer
Transparency International
T: +49-30-34-38-20-662
E: .(JavaScript must be enabled to view this email address)

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